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 SITE DE VILLEDIEU LE CHATEAU


Ce bourg, au passé peu commun est situé tout à l'extrémité du Vendômois, de la Touraine et du Maine , à 35 km de Vendôme , 20 de Montoire sur le Loir , près de La Chartre sur Loir . Bâti au fond d'une gorge ouverte , à travers le plateau qui suit la Vallée du Loir , il offre sur les côteaux qui la dominent à l'ouest et à l'est un coup d'oeil pittoresque . On y remarque tout d'abord , se détachant d'un groupe de maisons assez compact , les ruines importantes d'un prieuré bénédictin , transformé par la suite en château - fort (sous le règne du roi Charles V 1364 - 1380 ) tout en restant prieuré , d'où le nom actuel de Villedieu le Château . Ce prieuré est construit sur un mamelon qui resserre en cet endroit le vallon arrosé par un ruisseau , le " Niclos " dont la source appelée jadis " Fontaine Boisson ou Roisson " porte aujourd'hui le nom de " Bouillante "



Vue aérienne du centre bourg

paysage.

 LE PRIEURE


Vers 1035 Geoffroy Martel , comte de Vendôme et sa femme Agnès firent bâtir dans l'un des domaines hérité de leur oncle Renaud , évêque de Paris une église en l'honneur de Sainte Marie . Et ce domaine portait déjà le nom de Villa Dei , Villedieu . Quelques années plus tard en 1307 , le même Geoffroy Martel et son épouse donnèrent à l'abbaye de la Trinité , qu'ils venaient de fonder en leur bonne ville de Vendôme , cette même église Sainte - Marie et toutes ses dépendances . Et c'est ainsi que Villedieu devint le siège d'un prieuré bénédictin particulièrement florissant . Si bien qu'un jour les abbés de la Trinité se feront un honneur d'ajouter à leur titre d'abbé celui de prieur de Notre-Dame de Villedieu . Au moment où elle fut cédée aux bénédictins , l'église Sainte Marie n'avait semble-t-il qu'une seule nef . Mais très vite une seconde puis une troisième vinrent s'y ajouter : l'une sous le vocable de Saint Jean Baptiste , l'autre sous celui de Saint Eutrope . Elle fut reconstruite au XIIème siècle . Pendant en plus de 400 ans , Villedieu posséda des reliques très importantes du grand apôtre de la Saintonge grâce , sans doute , à Geoffrey Martel , son bienfaiteur habituel . Le comte de Vendôme exerçait , au nom de son épouse , Agnès de Poitiers , veuve du duc d'Aquitaine , des droits seigneuriaux sur la ville de Saintes . Sachant que cette cité possédait le corps de son premier évêque Saint Eutrope , martyrisé pour la foi à la fin du premier siècle , il demanda et obtint des moines , gardiens de son tombeau , des reliques insignes pour son cher Vendômois . Et nous savons que ce précieux trésor attira longtemps chez nous " un grand concours de peuple " jusqu'au jour où , malgré la population en 1102 elles furent emportées à Vendôme par les bénédictins eux - mêmes .


Vestiges de l'ensemble du prieuré

 LE CHATEAU - FORT


Au temps du roi Charles V voyant leurs colonies menacées par les bandes anglaises , les moines de la Trinité s'adressèrent à Louis , duc d'Anjou , frère du roi , qui leur donna licence en 1379 pour fortifier le " chasteau de Villedieu , d'y mettre tel capitaine qui adviserait l'abbé de Ven dosme, touteffroys que besoin serait , les subjets y fere guet et garde " Alors fut élevée cette formidable enceinte de murailles qui engloba tous les bâtiments du monastère . Sa construction demanda plusieurs années car en 1385 le roi Charles VI " narracion faicte de la permission donnée par son oncle " pria le bailly de Touraine de laisser les religieux de Vendôme fortifier comme ils l'entendraient " le chastel de Villedieu " Des bastions , une tour carrée et d'épais remparts sont encore debout . A leur pied et au Nord se trouve une prairie fort agréable que les eaux de la Bouillante pouvaient transformer rapidement en marécages . il reste quelques meurtières de l'époque primitive . Les murs de la chapelle formaient une partie de l'enceinte fortifiée , défendue de tous côtés par des douves larges et profondes .On ne pénétrait dans la place que par un pont-levis placé tout près de sanctuaire . Ainsi fortifié , le prieuré fut pourvu d'un gouverneur . Les moines dès lors cessèrent de cultiver eux-mêmes leur domaine . Les abbés de la Trinité louèrent à des particuliers toutes les terres et la plus grande partie des bâtiments . des maisons nouvelles furent construites à l'intérieur du château et appuyés contre les murailles . les remparts furent percés de baies parmi lesquelles nous remarquons aujourd'hui des fenêtres à meneaux d'époque Louis XII . Vers le même temps fut construite aussi cette tourelle qui renferme un puits et se dresse à l'extérieur , du côté de la prairie . Un souvenir historique se rattache aux vieilles pierres de cette forteresse . Après la mort d'Henri III le 2 août 1589 , Jacques de Maillé , Seigneur de Bénéhart et gouverneur de Vendôme , se prononça pour la Ligue . Les Vendômois refusaient de reconnaître les droits de Henri IX ; ils se trouvaient en rébellion contre leur duc et seigneur héréditaire . Mais le bourg de Villedieu resta fidèle à son légitime . Les habitants s'enfermèrent dans le château qu'ils ne voulurent point livrer à Jacques de Maillé . Ils s'étaient donnés pour gouverneur Charles Bigot , écuyer , sieur de Pontbodin , dont les ancêtres avaient été anoblis par Charles V au temps des guerres contre les anglais . La résistance opiniâtre de Villedieu fit échouer toutes les attaques des ligueurs . Henri IV sut récompenser la fidélité des théopolitains et le courage de leur capitaine ; de passage à Tréhet , après la capitulation de Montoire ( 22 novembre 1589 ) , il nomma Charles Bigot gouverneur au château de Villedieu .


Château-fort


Ruines du Prieuré

 L ' EGLISE ACTUELLE




L' Eglise

L'entrée de l'église

Lorsque les moines bénédictins cessèrent de cultiver les terres qu'ils possédaient à Villedieu , la chapelle du prieuré tombait en ruines . Le cardinal Louis de Crevant , 32ème abbé de la Trinité , obtint de l'évêque du Mans , Philippe de Luxembourg , l'autorisation de la démolir pour rebâtir une église nouvelle au centre du pays . C'est alors que fut édifiée l'église actuelle , que le même évêque , Philippe de Luxembourg , consacrait le 18 octobre 1493 . L'inscription commémorative de cette consécration , gravée sur une pierre en caractères gothiques se trouve actuellement dans la sacristie . Elle est d'ailleurs reproduite à l'intérieur de la nef au-dessus de la porte latérale : " Le dix huitième jour d'octobre 1493 fut dédiée cette église le jour de feste de Saint Luc.....etc ...." Dédiée à Saint Jean Baptiste, cette église est un vaste bâtiment rectangulaire ( 36 mètres de long sur 12 de large ) soutenue par de nombreux contreforts et éclairés par des fenêtres en ogive . A l'angle sud-ouest se dresse un clocher : c'est une tour carrée assez basse flanquée de deux vigoureux contreforts et surmontée d'une flèche en ardoises .

L'entrée principale est située dans la façade occidentale que surplombe une gargouille originale : sur l'un des contreforts , à droite de la porte s'élance un démon dont la tête grimaçante se tourne avec effroi vers l'entrée de l'église . D'après la tradition une statue de Saint Michel était logée dans une niche ou sur un socle, au-dessus du pignon . Durant la révolution l'archange a disparu mais le diable continue à tendre l'échine sous la crainte de l'épée flamboyante . Une porte latérale a été ménagée dans la face septentrionale au milieu de l'édifice . Son encadrement et son fronton d'époque Louis XII , surmontés autrefois d'une niche aux fines sculptures , ont été masqués par une sorte de porche sans style et sans goût . Cette construction qui ne s'imposait pas fut faite aux environs de 1820 avec des pierres tombales tirées de l'église ou d'un cimetière voisin . L'une d'elles a conservé son inscription latine : ici gît le corps d'un honnête homme Nicolas Leclerc , décédé le 9 novembre 1769 LE RETABLE OU PEINTURE SUR BOIS DU XVIème siècle Dans la nef fixée au mur au-dessus du banc d'oeuvre se trouve une vieille boiserie . C'est un fragment du rétable que Louis de Crevant fit placer dans la chapelle , restaurée peut-être même reconstruite par ses soins . Sur ce beau panneau , cinq tableaux représentent diverses scènes de la vie de la Vierge : l'Annonciation , la Nativité , la Crucifixion , la descente de Croix , la mort de Marie . Les visages sont très expressifs ; quelques détails d'ameublement fort curieux . Au point de vue historique , la partie la plus intéressante est la bordure plate qui encadre les cinq tableaux . Au milieu d'arabesques , on distingue un pélican et ses petits . Aux quatre angles apparaissent les trois visages accolés représentant le mystère de la Sainte Trinité . Enfin , les deux montants latéraux du cadre portent les armoiries de Louis de Crevant ; l'écusson est timbré d'un chapeau cardinalice .


Vue du rétable

LE CHOEUR DE L'EGLISE : En 1862, après des hésitations et l'élaboration de plusieurs projets , un nouveau sanctuaire et une très belle sacristie furent établis derrière le maître-autel , la sacristie en contre-bas, le sanctuaire dans une position surélevée . Et c'est là que prit place le fameux groupe en terre cuite représentant la Vierge tenant sur ses genoux le Christ détaché de la Croix . Restée jusqu'à la Révolution dans la chapelle du prieuré , la célèbre statue avait été transportée dans l'église paroissiale avant la vente des biens nationaux . Vaillament , les habitants de Villedieu s'étaient opposés à la profanation de cette image vénérable qui , chaque année attirait des milliers de pélerins et qu'ils considéraient comme leur patrimoine . Grâce à la disposition des lieux, cette statue, dite "miraculeuse" et classée " monument historique" s'aperçoit de partout dans l'église . Elle n'est pas , comme on le croit généralement , très ancienne . Elle ne remonte guère au-delà de 1621 et remplace très certainement une oeuvre antérieure . Le visage de la Vierge a ceci de particulier qu'il paraît souriant ou profondément triste suivant la disposition de l'éclairage et suivant l'endroit où se place le visiteur pour la regarder . C'est une oeuvre remarquablement vivante qui de tout temps a fortement impressionné les pèlerins .


L'autel et la statue de la Vierge intitulée " La Piéta "

Le sanctuaire de Notre-Dame de Pitié et les deux chapelles latérales voisines renferment quelques vitraux anciens . Dans la rose supérieure on voit les débris d'un vitrail qui représentait la Sainte Trinité . Plus bas , l'histoire du mauvais riche remplit les compartiments rayonnants . La fenêtre du Nord est garnie de six panneaux du XVème ou XVIème siècle séparés par des bordures modernes . Ces panneaux qui ont un certain intérêt pour l'histoire du costume militaire à cette époque représentent quelques scènes de la Passion .

 LE CARILLON


Les étrangers sont toujours surpris lorsque s'ouvre devant eux cette très belle église . Un émerveillement tout pareil les saisit lorsque soudain tombent on ne sait d'où , les notes métalliques d'un merveilleux concert . Mais tout de suite la sonnerie des heures qui toujours l'accompagne en trahit l'origine . On lève machinalement les yeux sur la tour du clocher et derrière le cadran de l'horloge, on devine, commandé par un savant mécanisme , un mystérieux ensemble de clochettes . On sez pose aussitôt quantités de questions . On voudrait tout savoir de cette présence , de ces chants inattendus . C'est naturellement la grosse cloche qui sonne les heures . Mais son histoire remonte déjà loin dans le passé de cette église . C'est en 1636 en effet que Messire Jehan Boysaubert , curé de la paroisse , bénissait solennellement deux précédentes cloches . L'une d'elles , fondue en canon au temps de la révolution s'en alla " gronder " à la " frontière et vomir la mort " L'autre beaucoup plus tard , fut refondue par les soins d'un autre curé , M. L'abbé Poussin , et bénite par l'évêque de Blois , Monseigneur Pallu du Parc en 1864 . Elle porte le nom d'Emilienne Adèle Bénédicte Jeanne et se balance tout en haut de la tour " une tour trop basse nous dit M. Moreau; il aurait pense-t-il fallu l'élever à la hauteur du faîtage pour que le son se fit mieux entendre. Dans le befroi et dans la flèche très élevée qui surmontent cette tour, on installa en 1902 grâce à une donation faite par M. l'abbé Charles Ribour , originaire de Villedieu, ancien aumonier de la Marine , " une horloge à carillon " pourvue de dix clochettes sonnant à heures fixes et jouant tour à tour diverses mélodies qui soulignent discrètement chaque temps liturgique .


Autre vue de l'autel avec la statue de la Vierge



© Mairie-Villedieu-le-Château